Travail · 4 octobre 2026
Créer une entreprise auto entrepreneur

Créer une entreprise auto entrepreneur ne coûte rien, et c’est justement ce qui rend la décision si facile à repousser. La formalité passe par le guichet unique de l’INPI, gratuitement pour les activités commerciales, artisanales et libérales ; seuls les agents commerciaux paient leur immatriculation (INPI, 2026). Le vrai sujet n’est pas le prix, mais l’ordre des choses : ce que l’on déclare, quand, et ce que l’on fait des semaines qui séparent les deux.
Revenir à l’essentiel
Une inscription minuscule, une attente longue. C’est ce déséquilibre qui déroute le plus, bien avant le remplissage du dossier.
La formalité se fait en ligne, au guichet unique de l’INPI, sur formalites.entreprises.gouv.fr. La connexion est possible sans créer de compte, via FranceConnect (Urssaf auto-entrepreneur, fiche « Créer mon auto-entreprise », 2026). Une identité vérifiée, un formulaire, et la demande part.
Suivent deux délais à connaître avant de commencer, parce qu’ils ne se recouvrent pas. Le Siret arrive sous 15 jours en moyenne ; il compte 14 chiffres, dont les 9 du Siren (Urssaf auto-entrepreneur, 2026). La notification d’affiliation en tant que travailleur indépendant, elle, met 4 à 10 semaines, bien après le Siret (Urssaf auto-entrepreneur, 2026). Entre les deux, vous êtes inscrit sans être encore couvert.
Un dernier repère échappe à beaucoup : la première période de déclaration ne s’ouvre qu’à l’issue des 90 premiers jours d’activité, et la déclaration est ensuite due même si le chiffre d’affaires est de 0 € (Urssaf auto-entrepreneur, 2026). L’inscription n’ouvre pas un droit à ne rien dire, elle ouvre un calendrier.
Ce qui coince concrètement à la maison
Le premier blocage est mental, et il survient avant tout le reste. On attend d’avoir un client, un devis signé, une première facture, pour lancer la démarche. Or la déclaration n’est pas une conséquence de l’activité, elle en est le préalable : c’est elle qui ouvre la fenêtre des 90 jours et qui fait exister l’entreprise aux yeux des organismes.

Le deuxième tient au trou de couverture. Le Siret rassure, il donne l’impression que tout est réglé. Il n’est qu’une moitié du chemin : l’affiliation arrive 4 à 10 semaines plus tard, et jusque-là rien n’est encore calé côté protection sociale. Une période d’activité lancée sans le savoir se paie en questions restées sans réponse.
Le troisième est la facture. Un auto entrepreneur qui débute en franchise de TVA doit porter sur ses factures la mention « TVA non applicable, art. 293 B du code général des impôts » (Service-Public Entreprendre, « Mentions obligatoires sur une facture », 2026). Ce n’est pas un détail de forme : c’est la phrase qui distingue une facture propre d’une facture contestable.
Le quatrième est le silence administratif : entre deux courriers, rien de visible ne se passe, et ce vide fait croire à une panne alors que la démarche suit son cours.
La méthode, étape par étape
Commencez par le tableau, qui contient l’essentiel du dossier. Le reste n’est que de l’ordre.
| Repère | Ce qu’il faut retenir | Source |
|---|---|---|
| Coût de la formalité | Gratuite pour les activités commerciales, artisanales et libérales ; seuls les agents commerciaux paient leur immatriculation | INPI, 2026 |
| Où déclarer | Guichet unique de l’INPI, sur formalites.entreprises.gouv.fr | Urssaf auto-entrepreneur, 2026 |
| Connexion | Possible sans créer de compte, via FranceConnect | Urssaf auto-entrepreneur, 2026 |
| Numéro Siret | Sous 15 jours en moyenne, 14 chiffres dont les 9 du Siren | Urssaf auto-entrepreneur, 2026 |
| Notification d’affiliation | 4 à 10 semaines, bien après le Siret | Urssaf auto-entrepreneur, 2026 |
| Première déclaration | La période s’ouvre à l’issue des 90 premiers jours | Urssaf auto-entrepreneur, 2026 |
| Déclaration à 0 € | Due quand même, dès que la période est ouverte | Urssaf auto-entrepreneur, 2026 |
| Facture sans TVA | Mention « TVA non applicable, art. 293 B du code général des impôts » | Service-Public Entreprendre, 2026 |
Vient ensuite l’ordre des gestes. Rassemblez d’abord ce que la déclaration demande : état civil, adresse, activité exercée, date de début. Rien de plus, et rien qui demande un conseil extérieur. Notre page sur les étapes de création d’une micro entreprise détaille ce que l’on vous demandera, si vous voulez vérifier avant d’ouvrir le formulaire.
Puis déclarez, même sans client. C’est le point où la plupart des projets s’arrêtent un mois de trop, et ce mois se retrouve ensuite dans les délais.
Enfin, préparez la suite pendant l’attente. Notez la date de vos 90 premiers jours, gardez une trace de votre numéro Siret dès sa réception, et mettez en place votre modèle de facture avec la mention de TVA. Ces trois gestes occupent une soirée et font gagner plusieurs semaines de flottement.
Ce qui ne marche pas, et pourquoi on le fait quand même
La première erreur est de croire que gratuit signifie vide. La formalité ne coûte rien, mais elle engage : elle déclenche un calendrier, des obligations de déclaration et une mention obligatoire sur vos factures. La gratuité porte sur le droit d’entrée, pas sur la suite.
La deuxième est d’attendre le premier euro. Le raisonnement semble prudent, il est en réalité coûteux : la période de 90 jours ne s’ouvre qu’à partir de la déclaration, donc repousser la démarche repousse aussi la première échéance, sans rien simplifier.
La troisième est de confondre Siret et affiliation. Recevoir son numéro donne le sentiment d’avoir terminé. Il reste pourtant 4 à 10 semaines avant la notification d’affiliation, et c’est cette dernière étape qui compte pour la couverture.
La quatrième est d’improviser la facture. La mention de franchise de TVA se recopie mot pour mot, sans variante, et notre guide pour facturer quand on est auto entrepreneur reprend la liste complète des mentions attendues.
On commet ces erreurs parce que la démarche paraît sans conséquence. Le prix se paie plus tard, quand les délais se sont accumulés sans que personne ne les ait comptés.
Ce que l’on gagne à faire simple
Faire simple revient à retenir quatre nombres : zéro, 15 jours, 4 à 10 semaines, 90 jours. Avec ces quatre repères, l’ensemble du dossier se lit en deux minutes.
Vous savez maintenant dans quel ordre avancer : déclarer d’abord, sans attendre un client ; recevoir le Siret et le noter ; laisser l’affiliation suivre son cours sans s’en inquiéter ; puis préparer la première déclaration et le modèle de facture. Ouvrez le guichet unique avec FranceConnect et remplissez le formulaire jusqu’au bout : c’est gratuit, et c’est ce qui met le calendrier en marche.
FAQ
Créer une entreprise auto entrepreneur est-ce payant ?
Non, la création elle-même est gratuite. La formalité passe par le guichet unique de l’INPI pour les activités commerciales, artisanales et libérales, et seuls les agents commerciaux paient leur immatriculation (INPI, 2026). Ce qui coûte, ce n’est pas l’inscription mais la suite : les cotisations sociales calculées sur le chiffre d’affaires.
Combien de temps faut-il pour obtenir le Siret ?
Le numéro Siret arrive sous 15 jours en moyenne après la déclaration ; il compte 14 chiffres, dont les 9 du Siren (Urssaf auto-entrepreneur, 2026). Attention à ne pas confondre ce délai avec celui de l’affiliation : la notification d’affiliation en tant que travailleur indépendant met 4 à 10 semaines, bien après le Siret (Urssaf auto-entrepreneur, 2026).
Quand faut-il faire sa première déclaration ?
La première période de déclaration ne s’ouvre qu’à l’issue des 90 premiers jours d’activité (Urssaf auto-entrepreneur, 2026). Une fois cette période ouverte, la déclaration est due même si le chiffre d’affaires est de 0 € : l’absence de revenus ne dispense pas de déclarer. Mieux vaut noter la date de ces 90 jours dès la réception du Siret.
Que doit-on écrire sur une facture sans TVA ?
Toute facture d’un auto entrepreneur en franchise de TVA doit porter la mention « TVA non applicable, art. 293 B du code général des impôts » (Service-Public Entreprendre, « Mentions obligatoires sur une facture », 2026). Cette phrase se recopie telle quelle, sans reformulation. À défaut, la facture reste contestable, même si le montant facturé est exact.


