Culture · 22 juillet 2026
Comment tailler olivier

Tailler un olivier, ce n’est pas dompter un arbre. C’est l’accompagner dans une forme qu’il connaît déjà. Un olivier laissé à lui-même dessine naturellement une silhouette aérée, et le rôle de la taille se résume à préserver cette architecture sans la contrarier.
Revenir à l’essentiel
On taille trop, on taille mal, on taille par peur du vide. La plupart des oliviers de jardin souffrent d’un excès d’attention plutôt que d’un manque. Avant de sortir le sécateur, posez-vous trois questions : l’arbre manque-t-il vraiment de lumière au cœur ? Une branche gêne-t-elle un passage ou une autre ramure ? Porte-t-il du bois mort ou malade ?
Si la réponse est non aux trois, vous pouvez refermer la caisse à outils. Un olivier en bonne santé n’a pas besoin d’une taille annuelle systématique. Dans le bassin méditerranéen, il est courant de ne tailler qu’une fois tous les deux ou trois ans, en se concentrant sur le bois qui a déjà fructifié. La taille de l’olivier obéit à une logique simple : aérer le centre pour que la lumière y circule, supprimer ce qui est mort ou abîmé, et contenir le volume si l’espace l’exige. Rien de plus.
Ce principe de retenue vaut pour bien d’autres arbres fruitiers. Si vous avez également un cerisier dans votre jardin, vous retrouverez cette même philosophie dans notre article sur quand et comment tailler les cerisiers, où la légèreté du geste prime sur la quête de rendement.
Le matériel, l’âge et la durée réelle
Un sécateur bien affûté, un coupe-branches pour les sections au-delà de deux centimètres de diamètre, et une scie d’élagage pour le gros bois. Voilà l’essentiel. Inutile de vous encombrer d’un arsenal : la taille d’un olivier de jardin se fait en une heure, rarement plus.
L’âge de l’arbre dicte l’approche. Un jeune olivier, de la plantation jusqu’à ses quatre ou cinq ans, se taille très peu. On se contente d’éliminer les branches qui partent vers l’intérieur et de choisir les trois ou quatre charpentières qui formeront la structure. Entre cinq et vingt ans, l’olivier entre dans sa phase productive : la taille vise alors à renouveler le bois qui a porté des fruits l’année précédente, car l’olivier fructifie sur le bois de deux ans. Au-delà de vingt ans, l’arbre a trouvé son équilibre. On taille pour entretenir, pas pour corriger.
Quant à la durée réelle, comptez une trentaine de minutes pour un arbre de moins de dix ans, une heure pour un sujet adulte bien entretenu. Le temps se dilate surtout quand on hésite. La meilleure façon de ne pas passer l’après-midi dans l’olivier, c’est d’avoir un plan clair avant de commencer.
Comment on s’y prend, étape par étape
Commencez par le bois mort. Il se repère à sa teinte grisâtre et à l’absence de bourgeons au printemps. Coupez-le à la base, proprement, sans laisser de chicot. Poursuivez avec les branches qui se croisent ou qui poussent vers le centre de l’arbre : elles empêchent la lumière de pénétrer et favorisent les maladies.
Viennent ensuite les rejets, ces pousses vigoureuses qui jaillissent à la base du tronc ou le long des branches maîtresses. Elles pompent l’énergie de l’arbre sans jamais donner de fruits. Supprimez-les au plus près du point d’insertion. Enfin, occupez-vous du bois qui a fructifié l’année précédente : coupez-le en laissant un départ de quelques centimètres, car c’est de ce talon que repartiront les nouvelles pousses porteuses de fruits dans deux ans.
Un dernier regard pour vérifier que la silhouette reste équilibrée, et vous avez terminé. La règle d’or tient en une phrase : on ne coupe jamais plus d’un tiers du volume de la ramure en une seule saison.
Ce qui fait que ça tient plus de dix minutes
Ce n’est pas la coupe qui prend du temps. C’est le regard. On recule, on avance, on hésite entre deux branches, on en coupe une puis on regrette. La taille de l’olivier est un exercice d’observation autant que d’exécution.
Prenez l’habitude de tourner autour de l’arbre avant le premier coup de sécateur. Regardez-le sous différents angles, à différentes heures de la journée si possible. Un rameau qui semble gêner vu de face peut se révéler indispensable vu de profil. Cette phase d’observation, que les oléiculteurs expérimentés appellent la lecture de l’arbre, fait gagner un temps considérable à l’exécution.
Autre écueil classique : la désinfection du matériel entre deux arbres. Si vous taillez plusieurs oliviers, trempez vos lames dans une solution d’alcool à 70° entre chaque sujet. Cinq secondes de précaution vous épargnent la transmission d’une bactérie ou d’un champignon d’un arbre à l’autre.
Ce que l’on gagne à faire simple
Un olivier taillé avec légèreté vous le rend de trois façons. D’abord, une fructification plus régulière : en renouvelant le bois producteur sans brutalité, vous évitez le phénomène d’alternance où l’arbre donne une année sur deux. Ensuite, une meilleure résistance aux maladies : un centre aéré sèche plus vite après la pluie, ce qui limite les attaques de champignons comme l’œil de paon. Enfin, un arbre dont la silhouette reste naturelle, sans ces moignons disgracieux qui trahissent une taille trop sévère.
Ce que vous gagnez surtout, c’est le plaisir d’un geste juste. Tailler un olivier n’est pas une corvée de plus sur la liste du week-end : c’est un dialogue avec un arbre qui vit lentement, et qui n’attend de vous qu’un peu d’attention au bon moment.
L’approche vaut pour l’ensemble des fruitiers du jardin. Comme nous le détaillons dans notre guide sur quand et comment tailler les cerisiers, la retenue et l’observation sont les deux qualités qui distinguent une taille réussie d’une taille subie.
FAQ
Faut-il tailler un olivier chaque année ?
Non. Une taille tous les deux ou trois ans suffit amplement pour un olivier d’ornement ou de jardin. L’essentiel est d’intervenir quand l’arbre le réclame : bois mort apparent, centre qui se referme, branches qui se croisent. Une taille trop fréquente stimule une repousse désordonnée et épuise l’arbre sans bénéfice pour la récolte.
Quelle est la meilleure période pour tailler un olivier ?
La fin de l’hiver, entre février et avril selon les régions, juste avant la reprise de la végétation. Évitez les périodes de gel qui exposent les plaies de coupe aux dégâts du froid, et taillez de préférence par temps sec pour limiter les risques d’infection. Dans le Midi, une taille en mars est idéale.
Peut-on tailler un olivier très vieux et non entretenu ?
Oui, mais avec une patience de plusieurs années. Ne cherchez pas à tout rattraper en une saison : vous risqueriez de provoquer un stress tel que l’arbre réagirait par une explosion de rejets improductifs. Étalez la remise en forme sur trois hivers, en ne retirant jamais plus d’un quart du volume par intervention.
Comment tailler un olivier en pot ?
La logique est la même que pour un sujet en pleine terre, avec une contrainte supplémentaire : le volume racinaire limité ne peut pas nourrir une ramure trop développée. Contenez la silhouette en réduisant les pousses de l’année d’un tiers environ, et veillez à ce que le centre reste bien dégagé pour compenser le manque de circulation d’air autour du pot.


